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⦁ PROCÉDÉ DE DESSINS-HISTOIRES (D-E)

⦁ Nature
Le Procédé de Dessins-Histoires (D-E) est un instrument d’investigation clinique de la personnalité conçu par Walter Trinca en 1972. Ce n’est pas un test psychologique, mais un outil auxiliaire pour mieux connaître la dynamique psychique. Il est constitué de processus expressifs-moteurs (parmi lesquels le dessin libre), de processus aperceptifs-dynamiques (verbalisations thématiques) et d’associations dirigées du type « enquête ». De cette jonction est né un instrument qui possède ses propres caractéristiques. Il se différencie des tests dits objectifs justement parce qu’il offre davantage d’informations qualitatives.

Le D-E a été élaboré comme une modalité de communication ludique qui mise sur la capacité du sujet à s’exprimer librement et à communiquer quand il se sent émotionnellement en sécurité et accueilli. Il peut utiliser la liberté et la spontanéité pour décider lui-même de ce qu’il est important de dire. Cette condition est la directive fondamentale d’une technique construite sur les bases d’un nombre minimal d’interférences.

Son application est très simple : à la base, le sujet est tacitement invité à s’approfondir sur sa vie psychique par l’intermédiaire des dessins et des associations verbales. Il lui est demandé de réaliser une série de cinq dessins libres (en couleur ou non). Après chaque dessin, 1/ il est invité à y associer librement une histoire, 2/ il donne des précisions sur le dessin en répondant aux questions de l’examinateur (la phase d’« enquête ») et 3/ il propose un titre.

Le D-E est applicable aux deux sexes et quels que soient les niveaux mental, socioéconomique et culturel, à la seule condition d’être capable de verbaliser et de dessiner (cf. Trinca, 2019).

L’ensemble des dessins libres, des histoires qui y sont associées, des réponses à « l’enquête » et des titres peut apparaître comme une réunion d’éléments diversifiés. Cependant, il s’agit d’une structure unifiée et d’un processus unitaire de communication. Il transmet des messages en soi indivisibles et possède le sens d’une totalité. Tous les éléments sont liés entre eux et forment conjointement une unité cohérente et indissoluble. Les dessins libres ne servent pas seulement à produire les histoires, ils font aussi partie d’une communication globale qui utilise les cinq unités de production pour arriver à ses fins.

L’utilisation du D-E présente plusieurs avantages : la facilité d’application ; l’étendue de l’application clinique et non-clinique ; l’adaptabilité aux besoins de communication inconsciente du sujet ; la possibilité de découvrir et de dévoiler des contenus psychiques importants ; la concision de la focalisation et de la mise en avant d’un matériel clinique significatif ; la possibilité de l’utiliser avec des populations en situation de précarité, pour lesquelles les méthodes traditionnelles sont peu réalistes.

La passation du D-E doit être effectuée par des professionnels qualifiés. Dans sa forme traditionnelle, il concerne la situation de diagnostic psychologique individuel et correspond à la rencontre entre les deux personnes que sont l’examinateur et le sujet examiné. Il doit être appliqué dès les premiers contacts, quand le sujet est particulièrement mobilisé pour parler de ses problèmes et solliciter une aide.

⦁ Finalités
Le D-E est destiné à l’analyse et à la connaissance de la dynamique de la personnalité, en particulier dans le lien avec les contenus des expériences subjectives. Il peut être utilisé pour identifier des conflits, des systèmes mentaux déterminants de désorganisations et des troubles émotionnels. Il favorise les moyens d’expression d’aspects inconscients de la personnalité et permet de mieux cerner les conflits et les difficultés.

⦁ Fondements
Le D-E se fonde sur des théories et des pratiques de la psychanalyse, sur des techniques graphiques-thématiques et sur l’entretien clinique. Globalement, ce fondement se base sur certaines affirmations principales :

1) Quand la personne est amenée à associer librement, les associations tendent à s’adresser aux secteurs émotionnels de la personnalité les plus sensibles ;
2) La personne peut révéler ses efforts, dispositions, conflits et perturbations émotionnelles en complétant ou en structurant une situation incomplète ou non structurée ;
3) En face de stimuli incomplets ou peu structurés, la tendance naturelle est de réaliser une organisation personnelle des réponses lorsqu’il existe une liberté de composition ;
4) Moins le stimulus est directif et structuré, plus la probabilité d’apparition d’un matériel émotionnellement significatif est grande ;
5) Si le cadre est approprié, le sujet peut communiquer ses principaux problèmes, conflits et difficultés au cours des premiers contacts cliniques ;
6) Dans le suivi psychologique des enfants et des adolescents, la communication par les dessins et les fantasmes aperceptifs est préférée à la communication verbale directe ;
7) Répéter des épreuves graphiques et thématiques dans une séquence donnée active les mécanismes et les dynamismes de la personnalité et, par voie de conséquence, plus de profondeur et de clarté.

L’analyse et l’interprétation du D-E peuvent être réalisées à partir d’une inspection libre du matériel, conformément aux théories psychologiques reconnues. Il est employé avec succès par des professionnels de différentes orientations théoriques : psychanalytique, jungienne, comportementale, phénoménologique-existentielle et bien d’autres. Chaque examinateur trouvera une manière d’associer son expérience professionnelle avec les manifestations spécifiques de chaque application. Des centaines de travaux publiés et des milliers d’applications du D-E au Brésil et à l’étranger attestent de sa validité clinique, que ce soit sur la base des référentiels psychanalytiques ou d’autres (voir les détails en langue portugaise).

⦁ Caractéristiques invariantes
⦁ Configuration : la configuration de base consiste en cinq unités (maximum) de production, composées de dessins, histoires, « enquêtes » et titres, en accord avec la matérialité, l’ordre et la séquence prescrits ;
⦁ Structuration : les dessins et les fantasmes aperceptifs-thématiques s’inscrivent comme des structures existantes au sein de cadres donnés et se manifestent comme des totalités organisées ;
⦁ Fonction unitaire : la production graphique-verbale est constituée dans son ensemble par une communication unitaire et indivise ;
⦁ Dialogue graphique-verbal : malgré la liberté associative des sujets évalués, un dialogue graphique-verbal s’établit entre les participants ;
⦁ Finalités : obtenir une connaissance psychologique consciente et inconsciente d’individus et de groupes en vue d’un travail thérapeutique ou d’un psychodiagnostic ;
⦁ Évaluations : la production comme un tout est analysée selon les approches théoriques qui s’y appliquent.

⦁ PROCÉDÉ DE DESSINS DE LA FAMILLE AVEC HISTOIRES (DF-E)

⦁ Nature
Introduit en 1978 par Walter Trinca à partir des résultats du Procédé de Dessins-Histoires (D-E), le Procédé de Dessins de la Famille avec Histoires (DF-E) est issu des techniques graphiques et thématiques. Son application obéit à certaines consignes en lien avec la famille. Le sujet est invité à réaliser quatre unités de production composées d’un dessin, d’une histoire, d’une « enquête », d’un titre et d’autres éléments présents selon la consigne ; chaque unité de production transmet un message en soi indivis. Il permet de repérer les perturbations, les conflits émotionnels et, plus spécifiquement, les aspects affectifs des relations familiales. Le DF-E a pour objectif de détecter les processus et les contenus psychiques de nature consciente et inconsciente, en rapport avec les objets internes et externes qui concernent la dynamique de la famille. Son application est recommandée quand le professionnel pense ou perçoit que les difficultés émotionnelles sont liées aux conflits et aux facteurs familiaux présents dans les mondes externe et/ou interne du sujet. Il ne s’agit pas d’un test psychologique, mais d’une technique d’investigation de la personnalité. Il doit être appliqué par des professionnels dûment qualifiés.

Le sujet effectue une série de quatre dessins de famille (en couleur ou non). Pour chaque dessin, il est successivement invité à associer librement une histoire, à répondre aux demandes de clarifications de l’examinateur dans la phase dite de « l’enquête » et à donner un titre. Chaque dessin de famille a une consigne précise et l’application doit se faire dans l’ordre suivant :
1/ Dessine(z) une famille, n’importe quelle famille 
2/ Dessine(z) une famille que tu aimerais/vous aimeriez avoir
3/ Dessine(z) une famille dans laquelle quelqu’un ne va pas bien 
4/ Dessine(z) ta/votre famille

⦁ Fondements
Le DF-E se fonde, mutatis mutandis, sur les mêmes présupposés que ceux du Procédé de Dessins-Histoires : les connaissances sur la dynamique inconsciente, la règle fondamentale de l’association libre, la dynamique de la famille et les principes généraux des techniques graphiques et thématiques.

⦁ Analyse
Le DF-E constitue une forme de communication directe et indirecte des noyaux d’angoisse, des fantasmes inconscients, des sentiments, des attitudes, des désirs, etc. L’analyse est faite sur la base de connaissances provenant de plusieurs sources. Les sources immédiates sont les théories psychanalytiques, les techniques d’interprétation des rêves, les fantasmes aperceptifs-thématiques et les connaissances sur la dynamique de la famille. Les sens des contenus sont interprétés à partir de l’expérience clinique et conformément au développement personnel et professionnel de celui qui analyse. Cette tâche est simplifiée quand l’examinateur est familier du référentiel psychanalytique et qu’il y associe sa sensibilité et son intuition.

⦁ PROCÉDÉ DE DESSINS-HISTOIRES AVEC THÈME [D-E (T)]

Le Procédé de Dessins-Histoires avec Thème [D-E (T)] est une forme directement dérivée du D-E. Le sujet est invité à dessiner et à raconter des histoires à partir d’un thème proposé par l’examinateur. Le thème est choisi en fonction des besoins du sujet et/ou de l’examinateur. Après le dessin et l’histoire, le sujet passe par la phase de « l’enquête » et donne un titre à sa production, comme pour le D-E traditionnel. Le D-E (T) est surtout utilisé dans l’étude des représentations sociales parce qu’il aide à mieux comprendre les imaginaires collectifs. Le thème choisi peut être la folie, une maladie physique, l’école, une figure parentale malade, etc. Si le D-E (T) se fonde sur la théorie psychanalytique, on peut s’attendre à la communication de l’inconscient relatif. Le D-E (T) peut être adapté pour une application en groupe. Dans ce cas, l’examinateur doit attendre que chaque personne ait fini de dessiner avant de leur demander d’inventer une histoire et de donner un titre, qui seront notés au dos du dessin.

De même que le D-E traditionnel, le D-E (T) peut être appliqué à tous les âges et quels que soient les niveaux socioéconomiques et culturels, à la seule condition d’être capable de dessiner et de verbaliser. Son utilisation est recommandée quand il n’y a pas de cadre facilitant naturellement l’expression des conflits et des perturbations. L’une des difficultés observées peut être la présence de résistances, voire de blocages défensifs, quand le sujet se trouve directement confronté à ses difficultés. Malgré tout, le D-E (T) connaît un taux de réussite très intéressant dans l’étude des représentations sociales.

Traduction de Pascal Reuillard

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